Des Veo à l’éducation bienveillante

Il nous faut souvent un drame pour que tout soit remis en question. Que ce soit nos valeurs ou notre mode de vie.

Le mien aura été de voir mes deux premiers enfants grandir loin de moi.

Pro VEO pour faire bien ?

A priori je n’étais pas une mauvaise maman, j’élevais mes enfants comme ma mère avant moi. Ainsi, de la naissance de Raphaël jusqu’à ses sept ans, je me suis vouée corps et âme à eux. Je les ai allaité quelques mois, mais pas de cododo plus de six mois. J’avais trop peur que Raphaël ne soit pas un « homme » si je ne le brusquais pas un peu. Il avait une tape sur la main pour ne pas toucher aux couteaux et devait faire des bisous à mes beaux parents pour les respecter. J’ai surprotégé Alice pour éviter qu’elle ne se casse un ongle, petite fille fragile qu’elle est. Puis j’ai voulu fuir leur père, les emportant avec moi parce que j’avais peur pour eux. Et j’ai toujours peur, aujourd’hui. puisque ma fuite les à rendu à leur père.

Nouvelle vie, nouveau combat

Aujourd’hui, je me bats toujours. Pour accéder au souhait de Raphaël, mais surtout pour le bien d’Alice. Et c’est mon plus grand regret, j’ai tant désiré avoir une fille que de la voir dans cet état psychologique me brise le cœur. Je culpabilisais énormément, pensant que plus que mon départ c’est ma méthode qui ne fonctionnait pas. Ils n’avaient aucune confiance en eux. Je ne voyais pas Alice évoluer et l’école aussi commencer à se poser des questions sans pour autant m’aider, puisque  » elle est encore jeune ça peut changer », « son père dit qu’elle va chez l’orthophoniste alors on peut rien faire vous comprenez »…

Petit frère, grandes responsabilités…

Puis Quentin est arrivé. Et je pense avoir enfin trouvé la solution. Lui. C’est un gros poids sur ses épaules mais il tient le rôle parfaitement. Il soude toute cette famille meurtrie. Raph et Alice l’aiment tellement qu’ils cessent de se chamailler pour qu’il arrête de pleurer. Il fait grandir sa sœur et lui montre la voie vers la confiance en soi et l’autonomie.

Quentin vit dans la bienveillance et le maternage, il dort avec nous, est allaité et plus sûr de lui que les trois grands réunis. C’est celui qui me sollicite le plus mais c’est aussi celui qui est le plus indépendant. Je vois le visage de ma fille s’éclairer quand elle se rend compte qu’elle est capable de lui apporter quelque chose, elle qui en véritable blocage scolaire, elle lui « lit » des livres ( et me bluffe plus d’une fois en lui récitant une histoire que je viens de leur lire pour la première fois). Elle dépasse ses peurs les plus profonde pour lui, et j’espère que je trouverais le moyen qu’elle arrive à faire tout ça pour elle.

La douche qui changea tout

Voici le dernier exemple qui est très parlant du profond désarroi dans lequel elle se trouve:

Depuis toujours, elle refuse de se laver seule, elle a « peur pour ses cheveux ». Cette fois ci elle refusait catégoriquement de se laver. J’ai su le fond du problème: qui relève encore du  » elle est pas capable » mais je tairais les détails…

Là je lui dis que je l’accompagne mais qu’il est hors de question que je la lave. Quentin, toujours dans nos jambes nous suit et commence à prendre le savon d’Alep et se lave tout habillé. Elle rit. Je lui montre qu’elle s’est lavée seule, que je suis fière d’elle, et que je savais qu’elle était capable de le faire. Et la prévient que le lendemain, elle ira se laver seule puisque j’ai vu qu’elle était grande et que je pouvais avoir confiance en ses capacités.

Le lendemain, Quentin vient me voir en courant en criant : » maman, douche, Alice, douche! » et Alice me demander si son petit frère peut aller se doucher avec elle.  » Bien sûr que oui ! » Préparant le repas, je les ai entendu rire et jouer, Alice se douchant seule, tout en « gérant » le loustic comme une championne. Elle est sortie de la salle de bain tellement fière d’elle que j’ai failli pleurer de joie.

Autrefois je l’aurais certainement forcée à se doucher, elle se serait débattue, une vraie catastrophe. Alors oui, elle ne s’est pas lavée quatre jours. Mais j’ai trouvé la solution à son problème. Avec Quentin, mon assistant. Sans pleurs. Sans cris. Sauf des cris de joie.

Rien n’est jamais sur malheureusement, je ne suis pas à l’abri de devoir ressortir mon « joker-Quentin » aux prochaines vacances. Mais la jurisprudence m’aide à positiver.

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